poisson

Le poisson est-il cher ou simplement introuvable à Ziguinchor ? Il faut se rendre au marché ou au quai de pêche de la ville pour se rendre compte de ce qu’il en est exactement. Néanmoins, le constat est qu’aujourd’hui, tout le monde ne peut se permettre d’acheter régulièrement du bon poisson.

Au marché Saint-Maur de Ziguinchor, un mardi de la fin du mois de mars aux environ de 10 heures, sur les tables, il n’y avait quasiment que de petits poissons comme les millets, carpes, sardinelles, etc. Certaines femmes ont déploré cette raréfaction. C’est le cas de Seynabou Sagna, une femme de ménage : «Le poisson n’était pas du tout cher ici, parce qu’avec 1 000 francs Cfa, on pouvait se ravitailler pour plusieurs jours. Mais maintenant, ce n’est plus le cas. Un seul kilo de poisson coûte entre 700 et 800 francs, voire 1 000 francs, s’il n’y en a pas beaucoup sur le marché.» Et pour appuyer son argumentaire, la dame montre le fond de son panier de marché, qui contient 3 petits poissons et quelques légumes.

Ansoumana Manga, un pêcheur artisanal trouvé au quai de pêche de Boudody, un quartier de Ziguinchor, indique que si le poisson est actuellement cher, c’est à cause du coût élevé du matériel de pêche. De plus, la durée de pêche devient plus longue, car le poisson est rare sur les côtes sénégalaises, ce qui oblige les pêcheurs à se rendre toujours plus loin.

Pour Ousmane Diaouné, le président du Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanal au Sénégal (Conipas) section de Ziguinchor, «le poisson est cher parce que tout simplement, les facteurs de production sont chers. Quand on parle de facteurs de production, c’est à partir des embarcations que l’on commence. Pour avoir une pirogue qui peut aller en haute mer, il faut débourser au moins 3,5 millions de francs Cfa, alors qu’avant, une embarcation coûtait entre 200 et 300 000 francs Cfa. Le moteur, qui coûtait 600 000 francs, revient aujourd’hui à 1 950 000 francs. Donc, pour mener une bonne action de pêche, pour avoir une certaine production qu’il faut mettre à terre, il faut débourser jusqu’à 2,5 millions de francs».

Le président du Conipas de Ziguinchor ajoute que le carburant est un autre facteur, parce que chaque jour le prix augmente. Il est, d’ailleurs, l’un des éléments les plus volatiles, sans faire de jeu de mots facile.

Par Erick Salemon BASSENE

Participez au blog, écrivez un article !