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Depuis l'entrée en vigueur de la loi Évin en 1991, il est théoriquement interdit de fumer dans les écoles, collèges et lycées. Mais dans les faits, et surtout dans les lycées, chacun se cachait jusqu'ici derrière un pudique voile de fumée pour ne pas avoir à gérer les conflits liés à l'interdiction totale, surtout à l'égard des adultes. C'est fini. Le ministère de l'Éducation nationale donnerait presque l'exemple : on y pointe aussi les fumeurs du doigt. Parmi les vingt membres du cabinet de Gilles de Robien, deux sont fumeurs et, hier, leurs collègues les incitaient à accepter une prise en charge de leur sevrage par... l'État.

Fin juin, Christian Nique, recteur de l'académie de Montpellier, avait lui, poussé un coup de gueule et décidé que son académie serait, dès la rentrée 2006, un paradis scolaire sans tabac. «Jusqu'ici, confiait-il alors, l'objectif affiché par tous était de diminuer la consommation de tabac dans les établissements. Mon ambition est plus grande, je veux mettre le tabac hors des murs des lycées mais aussi de tous les services administratifs.» Au lycée Champollion-de-Lattes, près de Montpellier, le proviseur a décidé de bouter effectivement la cigarette hors de ses murs, le 1er janvier prochain. Au lycée Paul-Sabatier de Carcassonne le proviseur, Jean-Michel Boulègue, lui-même ancien fumeur, a été surpris de la docilité avec laquelle lycéens et enseignants ont accepté la mesure. «Peu de jeunes sortent fumer dans la rue et les profs sont contents d'être contraints de diminuer leur propre consommation.»



En région parisienne aussi les initiatives se multiplient. Philippe Tournier, proviseur au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur, interdit de fumer dans son lycée depuis trois ans. «La décision a été bien mieux supportée par nos 2 200 élèves que la suppression des distributeurs de boissons l'année dernière», confie-t-il. Quant au lycée Racine à Paris, il fait figure d'établissement pilote. «La cigarette y est interdite depuis 2000, explique la proviseur, Michèle Laborey. Nous avons des classes avec des chanteurs et des danseurs de haut niveau. Nous avons fait venir des sportifs de haut niveau pour qu'ils parlent des méfaits de la cigarette, de la question du souffle. La baisse de la consommation a été rapidement sensible.»

source : Le Figaro

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