Créteil-Lusitanos fini 8ème de Ligue 2
Saint-Maur-des-Fossés, samedi 27 mai 2006 à 08:09 :: Sports :: #600 :: rss

Après une début d’année 2006 délicat, l’USCL a terminé son parcours avec brio. A l’image d’une saison étonnante et détonante. La promotion des Béliers 2005/06 bat même des records. Cette année – celle des 70 ans du club - les Cristoliens ont marqué leur histoire. «On gardera quand même quelques regrets. Forcément.» Malgré cette huitième place inédite au final, Hubert Velud n’en démord pas.
«Reims nous a coûté cher» Retour à la 29ème journée de Ligué 2. L’US Créteil-Lusitanos s’apprête à recevoir le Stade de Reims. L’occasion pour les Béliers de recoller au trio de tête. Valenciennes, troisième, est à cinq points. Et les Stadistes, douzièmes, et peu à l’aise à l’extérieur, flirtent avec la relégation. A priori, la confiance est plutôt du côté francilien. A priori, seulement. Les Bleus ne perdent plus depuis neuf rencontres sans pour autant convaincre. Sur cette série, l’USCL compte sept nuls et une victoire pénible face à Amiens (1-0). «L’un de nos pires matches», lâchera Terrier. Contre Reims, ce sera la noyade. En trois minutes, M’Bodji rate trois occasions franches. Les Cristoliens sont fébriles. Et Reims prend confiance. Baléghué ouvre le score juste avant la pause (45e). N’Zigou le scelle juste après (51e). L’USCL est méconnaissable. La panique s’est emparée du navire des Béliers. Et le voilà qui sombre (0-2). Ce sera la plus lourde déconvenue des Franciliens à domicile cette saison. Lourde de conséquences. Le podium s’éloigne un peu plus…
Extrêmes limites
Le déplacement à Laval apparaît comme le révélateur. Après la défaite inattendue contre Reims, les Béliers se rendent chez un relégable. Facilement battu à l’aller (3-1, 12ème journée). La réaction est attendue. A Le Basser, celle des Tangos l’est tout autant. Le Stade Lavallois, plus vieux pensionnaire de L2, est menacé d’expulsion. Seule la victoire peut lui permettre de prétendre à un nouveau bail. Et les Lavallois démarrent fort. Trivino est très vite sollicité. L’USCL est sous pression et commet des fautes. 38e, c’est LA faute. Penalty. Mauricio le transforme. Trois minutes plus tard, Sessegnon répond. Mais Mauricio aura le dernier mot. A deux minutes de la fin (2-1). L’US Créteil-Lusitanos glisse doucement au classement : septième. Avant d’accueillir Sedan, le leader, l’USCL est à la peine. Jamais encore, sous Velud, elle n’avait encaissé quatre buts en deux rencontres. Et voilà qu’arrive la plus belle attaque du championnat. Elle viendra pour rien dans un premier temps. Le match sera reporté en lendemain, en raison de la pluie. Mais le beau temps ne pointe toujours pas à Duvauchelle. Le match aura lieu, tout de même. L’USCL n’y assistera pas véritablement. En témoigne l’unique but de la partie : Belhadj remonte tout le terrain, tout seul, et frappe plein axe (55e). 1-0, ça suffit… pour Sedan. Quatorze points séparent maintenant l’US Créteil-Lusitanos de la montée. Ekobo rappelle même «qu’il faut encore assurer le maintien. Avec 42 points rien n’est encore totalement acquis.» Le vent a tourné tellement vite qu’il a enrhumé tout le monde. Les Béliers naviguent maintenant sur une série de trois défaites d’affilée. Du jamais vu. Pas même la saison dernière. En pleine crise. «Face à Sète, on aura pas le droit à l’erreur», prévient le Capitaine Courage. Et malgré son avertissement, l’USCL ne passera pas loin. Les Héraultais, déjà condamnés au National, se montrent déconcertants. Pratiquant un football de qualité. Bien loin du spectacle de l’aller (3-1, 14ème journée). Raynier s’impose avant la pause (42e) et le FCS34 rate le break de peu. Cyril Domoraud arrachera finalement le nul (73e). Dans la confusion. L’USCL obtient le 1-1 et s’en sort bien. Mais pas la tête haute. «L’hémorragie est stoppée. C’est tout ce qu’on peut retenir», résume Velud.
Le réveil
De retour dans le 94, les Cristoliens sont huitièmes. Leur pire classement cette saison. Et avant l’arrivée de Clermont, le public redoute une nouvelle chute. Surtout que le CFA viendra pour la gagne. Avant-derniers, les Auvergnats espèrent sortir de la zone rouge en battant l’USCL. Faire comme Laval. Et l’USCL semble avoir bien du mal dernièrement avec les équipes des extrêmes. Mais Citony sonne le réveil des Béliers (26e). Le sien par la même occasion. M’Bodji suit (44e), Pataca aussi (48e). Clermont reviendra au score (68e). Mais trop tard. Avec ce beau 3-1 Créteil-Lusitanos signe son premier succès depuis six rencontres et une certaine victoire sur Amiens (27ème journée). Huit jours plus tard, à Istres, les Béliers récidivent. Nouvelle victoire (0-1). Arrachée en toute fin de match sur un csc de Hamed. Istres est ainsi la seule équipe battue à deux reprises par l’USCL cette saison. Et comme contre Clermont, l’adversaire de l’USCL a terminé à dix. Les hommes du Président Lopes reprennent une place et sont septièmes. Deux victoires de suite, ce n’est arrivé qu’à deux reprises cette saison. La première remonte aux 5ème et 6ème journées.
Bélier noir
Qui dit fin de saison, dit match sans enjeux pour certains. Matches sans rythme, sans engagement, tristes, peu spectaculaires. Pour l’USCL, malgré l’évanouissement des espoirs de montée, la fin de saison a ressemblé à tout, sauf à ça. Les Béliers ont surtout joué le rôle d’arbitre pour la montée. Face à Lorient, d’abord. Les Merlus avaient déjà mal digéré le match aller. Ce 0-0 où les Cristoliens durent jouer à neuf pendant une heure. Le retour (de baton) sera tout aussi douloureux. A Créteil, Lorient a l’occasion de distancer Caen. Des Malherbistes de plus en plus collants au classement. Les Bretons prennent très vite le match à leur compte. Et avec panache, d’un splendide coup-franc de Ziani (7e). Les Merlus entament alors une domination stérile. Mais la fin de match s’accélère. L’US Créteil-Lusitanos pousse de plus en plus. Et Citony égalise (83e). C’est le début du festival offensif des deux représentants. Sauf qu’il n’y aura plus de buts. Ensuite, c’est à Dijon que les Béliers mettent tout le monde d’accord. En cas de victoire, les Bourguignons peuvent encore prétendre à la montée. Et les Dijonnais se donnent des raisons d’espérer. Lorsque Masson finit par marquer (71e). Mais Citony réplique dans les arrêts de jeu. D’une tirade de 30 mètres. Un lob. Et Dijon ne montera pas.
La venue de Grenoble, ressemblera peut-être plus à une rencontre de fin de saison. Les Isérois sont treizièmes et, comme l’USCL, luttent surtout pour leur propre histoire. Un peu moins que l’USCL qui finira par s’offrir les trois points. Grâce à un penalty. Le premier obtenu par les Béliers cette saison. Et transformé par le meilleur buteur du club : Papys M’Bodji. Quinzième et dernier but. Une rencontre marquée encore par les très nombreuse blessures. C’est la fin de saison.
Et pour bien finir, Créteil-Lusitanos s’invite à Caen. Dans un stade Michel d’Ornano plein a craquer. Pour cette dernière journée de L2, les Malherbistes jouent la montée. Dans un match à distance contre Lorient. Et comme contre les Bretons, l’USCL ne fera pas de cadeau. Et c’est encore Citony qui s’y colle. Au bout de deux minutes de jeu seulement, il refroidit le chaudron ; marquant ainsi son cinquième but en 2005/06. Son plus beau total. Et surtout, «son but est atteint cette saison.» Mais pour Caen, la carotte est trop belle. Gouffran égalise (11e), Florentin le suit (12e) et Gouffran s’y remet (15e). Quatre buts en douze minutes. Le stade est en ébullition. Et Caen est en Ligue 1. Mais l’USCL ne pliera plus. Elle vient, pour la première fois, de concéder trois buts, face à la meilleure attaque de L2. A Lorient, les Merlus ont marqué aussi. Il en faut deux de plus à Caen. L’USCL résiste et fait encore office d’arbitre. 3-1, score final. «Un beau match», se félicite tout de même le Druide.
Le beau jeu.
L’un des apports majeurs d’Hubert Velud à cette équipe, cette année. Un fond de jeu qui a attiré les spectateurs. Ils furent près de 4 000 en moyenne cette saison. Un record. Un style qui a permis à Créteil-Lusitanos de briguer pendant quelques temps les premières places de Ligue 2. D’être respectée. Et surtout d’obtenir des résultats historiques. Huitième au final. C’est presque décevant car c’est le plus mauvais classement de l’USCL cette saison. Jusqu’ici, le meilleur classement de Créteil remontait à la saison 1989/90. L’US Créteil avait terminé neuvième avec dans ses rangs un certain Jean-Michel Bridier. Jamais le club ne sera donc descendu en seconde partie de tableau. Il y a un an, il peinait à sortir de la zone rouge. Les Béliers battent au passage leur record de points, plus récent puisqu’il remonte à la saison passée. Et ils le surplombent désormais de huit longueurs. Avec 46 buts marqués et 33 encaissés, là aussi les chiffres sont inédits. Et historiques. Indéniablement, les Béliers progressent et il viennent de faire un grand bon en avant. A 70 ans, la vie est encore devant eux.









Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.