« J'ai l'impression de participer à une belle action »

Au téléphone la voix de Céline, 26 ans, répond doucement au donateur. Sur son écran d'ordinateur, un formulaire de saisie est prêt pour enregistrer les coordonnées du donateur ainsi que le montant de sa promesse de dons. « C'est comme au Téléthon. La télé a fait admettre cette idée de recueillir des dons par téléphone et pour ce genre d'action, il n'est pas difficile de convaincre les gens. La générosité est bien là. On est d'ailleurs très encouragé par ceux qui nous appellent. J'ai l'impression de participer à une belle action », explique Céline, qui se dit « concernée » d'autant plus qu'un membre de sa famille a été touché par ce fléau il y a une dizaine d'années. Sur le plateau d'Alfortville, on croise surtout des jeunes, sans doute parce qu'ils se sentent plus concernés.

Arlette, aide-soignante aujourd'hui en retraite, fait exception. C'est une habituée du bénévolat, notamment aux Restos du coeur. Comme Stéphanie ou Julien, étudiants à la fac de Saint-Maur, qui jugent qu'on « ne fait jamais assez pour lutter contre le sida », Arlette veut surtout « faire bouger les mentalités ». Elle explique : « Il y a des jeunes qui sont mal informés, c'est sûr. Mais il y a des personnes âgées qui n'en parlent jamais. C'est tabou. Pire, certains pensent que c'est toujours la faute aux autres... parce que, dans notre jeunesse, il n'y avait pas ce fléau. L'important aujourd'hui, c'est d'aider la recherche. » Et si l'opération télé du Sidaction s'est arrêtée, hier soir minuit, le 110 fonctionnera jusqu'à vendredi. La recherche, elle, a toujours besoin de dons.

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