Les gendarmes de la brigade de recherche du Val-de-Marne viennent ainsi de saisir 750 films au format DivX, plus de 500 CD et 10 000 fichiers de musique au format MP3 au domicile de quatre employés d'une entreprise de téléphonie parisienne, à Chennevières (Val-de-Marne), Asnières (Hautsz-de-Seine), Boussy-Saint-Antoine (Essonne) et Chelles (Seine-et-Marne). Ces quatre techniciens devront répondre devant la justice des faits de « diffusion » et « fixation d'oeuvres contrefaites ».

En quelques mois, ils auraient téléchargé, copié et visionné des centaines de films sans débourser un centime. Parmi les 750 films saisis figurent de grosses productions à peine sorties en salle : « les Indestructibles », « la Chronique de Riddick », « Taxi 3 », « X-Men », « Tomb Raider » ou encore « Schreck 2 ». C'est incidemment que l'affaire débute le 25 janvier. Ce jour-là, alors que les gendarmes perquisitionnent dans le cadre d'un autre dossier dans un pavillon de Chennevières, ils découvrent 150 DviX contrefaits et, sur le disque dur du propriétaire des lieux, une base de données contenant 750 titres de films.

Dix mille fichiers musicaux L'enquête permet de remonter jusqu'au détenteur de la base de données, Jérôme, un de ses collègues de travail, chez qui les gendarmes saisissent deux jours plus tard les 750 enregistrements ainsi que 173 CD contrefaits. Lors de sa garde à vue, ce jeune homme de 23 ans, passionné d'informatique, a expliqué aux gendarmes qu'il téléchargeait les films sur Internet avant de les copier sur CD. Il diffusait ensuite la liste des titres des films auprès de ses collègues, lesquels les lui empruntaient pour les regarder ou les copier. Seuls deux de ces bénéficiaires ont pu être identifiés. Chez le premier, un habitant de Chelles de 45 ans, les gendarmes n'ont retrouvé que quelques copies. La prise a été nettement plus intéressante au domicile du quatrième, à Boussy-Saint-Antoine, puisque les gendarmes y ont saisi 353 CD, 300 copies de films, et, sur son disque dur, 10 000 fichiers musicaux MP3. De quoi susciter l'ire de la Sacem et de la Fédération nationale des distributeurs de films, parties civiles dans ce dossier, qui ont déclaré la guerre aux « téléchargeurs ». Hier, à Pontoise (Val-d'Oise) un jeune enseignant, coupable d'avoir copié plusieurs centaines de fichiers musicaux sur Internet, a ainsi été condamné à verser 3 000 € d'amende avec sursis et 10 200 € de dommages et intérêts à la Sacem.

Nathalie Perrier Le Parisien , jeudi 03 février 2005

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