« Nous avons obtenu cette année une avancée considérable, explique Michel Févre, du comité de soutien aux Roms du Val-de-Marne, car nous avons réussi à loger en dur environ cent soixante- quinze personnes, soit la moitié des effectifs du département ! » Une victoire que savoure Ioana. La jeune femme vit dans l'ancienne gendarmerie de Saint-Maur depuis le 20 novembre dernier : « Ça change tout, c'est beaucoup mieux ! Cette année, on a pu faire un vrai Noël, c'est le premier que je fête en France ! L'année dernière, on était sous nos tentes, dans le froid, on n'avait pas le coeur à ça. »

« Les mentalités ont évolué, les Roms aussi » Il y a un an exactement, après les expulsions en décembre 2002 du camp de Choisy, à Créteil, le dernier des grands bidonvilles créés par la communauté se vidait de ses occupants avant que n'intervienne la police. Aujourd'hui, la précarité, le manque de confort, c'est encore le quotidien de nombreux Roms, comme en témoigne cette femme qui habite le terrain de Vitry : « Pour nous, c'est un jour comme les autres. De toute façon, notre situation reste difficile. On vit toujours en caravane, tout est sale, il y a des rats, c'est dur ! » Difficile de parler dans ces conditions de victoire complète, mais une chose est sûre pour Yves Loriette, président de l'antenne du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) à Vitry : les mentalités ont évolué à l'égard de cette population : « Il existe encore des a priori, mais dès que l'on fait appel à la solidarité des habitants pour venir en aide aux Roms, il y a toujours des personnes qui répondent présent. D'autre part, les municipalités sont de plus en plus nombreuses à choisir la voie de l'insertion comme solution. Il faut désormais que l'Etat emboîte le pas et régularise ces familles. »

Autre constat, les Roms eux-mêmes ont changé : « Les parents souhaitent désormais que leurs enfants aillent à l'école, ce qui n'était pas toujours le cas avant. Ils se rendent compte que c'est important. » Les enfants, justement, étaient hier bien éloignés de ces préoccupations. Seuls comptaient les poupées, les livres et les confiseries distribués par le Père Noël...

Anne-Laure Abraham Le Parisien , mardi 28 décembre 2004

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