Prostitution : le scandale du bois de Vincennes
Saint-Maur-des-Fossés, lundi 13 décembre 2004 à 22:45 :: General :: #173 :: rss
Elle grelotte de froid, presque nue sous son léger manteau de velours. Apeurée, elle refuse le gobelet de thé qu'on lui tend et laisse sa « copine », plus âgée et plus aguerrie, répondre à sa place. « D'où venez-vous ? » interroge l'équipe du Bus des femmes.

Les prostituées africaines chassées des boulevards des maréchaux avec la loi Sarkozy se sont réfugiées dans le bois. L'association le Bus des femmes, qui leur fournit notamment des préservatifs, a recensé jusqu'à 200 caravanes.
« Nigeria et Sierra Leone », lâche, méfiante, la jeune femme. Recroquevillées sur une banquette, l'air endormies, Promice et Julia écoutent les conseils en anglais du médecin. Un étrange relent de pétrole émane de leurs vêtements. C'est l'odeur des lampes disposées sur le tableau de bord de la camionnette où elles se prostituent. Chaque nuit, les allées arborées du bois de Vincennes s'illuminent de ces lueurs. Depuis que la loi Sarkozy a chassé les prostituées des maréchaux, le bois est devenu le refuge d'une partie d'entre elles, et notamment des Africaines.
2 000 camionnettes enlevées cette année « Chaque nuit, il y a près de 200 camionnettes. Les Françaises travaillent seules, mais les Africaines sont souvent à trois ou quatre », estime Pierrette, une des employées du Bus. Un chiffre exagéré selon la préfecture de police de Paris qui comptabilise 50 camionnettes le jour et 80 la nuit. « La situation ne s'est pas améliorée, mais elle n'a pas empiré, assure-t-on à la préfecture de police qui admet juste « un léger report » des Africaines des maréchaux vers le bois. La prostitution à Vincennes n'est certes pas un phénomène nouveau. Mais, jusqu'ici, elle était essentiellement le fait d'« indépendantes », françaises, ghanéennes ou camerounaises. L'arrivée des Nigérianes et Sierra-Léonaises a bouleversé la donne. Depuis cet été, l'Usit (unité de soutien aux investigations territoriales), d'abord concentrée sur Paris, a investi le bois. Plusieurs fois par semaine, les policiers envoient la fourrière. Depuis le 1 e r janvier, 2 000 véhicules ont été enlevés. « Les filles se retrouvent seules, à pied, en pleine nuit. Et ça ne sert à rien puisque le lendemain, elles sont de nouveau là avec leurs camionnettes ! » s'étonne Francine, une employée du Bus. Inquiets de voir le proxénétisme se développer, le député-maire UMP de Saint-Mandé, Patrick Beaudoin, et le député UMP, Olivier Dosne, viennent de solliciter un rendez-vous auprès du ministre de l'Intérieur. La police urbaine de proximité (PUP, la police parisienne en tenue), de son côté, devrait encore accroître la pression sur les prostituées. Contraintes à ce jeu du chat et de la souris, Promice et Julia sont déjà reparties, dans le froid et la nuit.









Commentaires
1. Le dimanche 15 janvier 2006 à 15:49, par bobo
2. Le vendredi 18 août 2006 à 09:08, par bobo
3. Le vendredi 18 août 2006 à 09:31, par sbare
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