Le début de la campagne intervient une semaine après la parution d'une grande enquête menée auprès de 4 855 étudiants à la demande du ministère de la Santé dans le cadre du plan cancer. Première bonne nouvelle : le nombre de fumeurs baisse, - 10 % par rapport à 2001, ce qui représente un peu plus de 20 % d'étudiants fumeurs.

Des séances de sevrage tabagique. « Un des effets de la hausse du prix des cigarettes », précise Damien Berthilier, chargé de la prévention à la LMDE. Bémol de taille toutefois : 48 % des fumeurs ne souhaitent pas arrêter. « C'est difficile ! plaide Audrey, 20 ans, la dernière fois que j'ai essayé, j'ai tenu deux mois, et puis j'ai craqué en voyant les autres fumer. » Le stress des examens, des soucis pour payer ses études sont autant d'arguments qui génèrent la rechute. Pour Damien, c'est l'ennemi numéro un : « A ce stade, le découragement est souvent extrême. Le fumeur se sent abandonné. Il a l'impression qu'il n'y arrivera jamais. Or, les rechutes font partie du processus qui mène à l'arrêt définitif et on peut tout à fait se faire aider. » La LMDE oriente généralement les jeunes vers la médecine étudiante qui organise des séances de sevrage tabagique.

Autre problème : le non-respect des lieux non-fumeurs : 81,5 % des étudiants fument sur leur lieu d'étude. A Créteil, la loi Evin semble respectée, les couloirs, halls et salles de cours sont préservés de la nicotine... Seule exception : la cafétéria. Le lieu devient un véritable fumoir aux heures du déjeuner malgré les pancartes d'interdiction fixées aux murs. « C'est insupportable ! explose Françoise, l'une des serveuses. A la fin de la journée, j'ai les yeux qui piquent, l'air est irrespirable ! On a écrit un mot pour qu'ils respectent notre santé, mais ça n'a aucun effet. » Hayatte réagit : « On ne fume pas pour embêter le monde, moi je veux bien aller ailleurs, mais il n'y a pas de salle fumeurs ici. » Pour l'instant, aucune étude n'a été réalisée pour trouver une solution. Le directeur de la cafétéria compte, entre autres, sur la campagne de sensibilisation d'hier pour faire évoluer les esprits.

Anne-Laure Abraham Evry Centre Essonne Le Parisien , mardi 30 novembre 2004

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