C'est une des questions que va se poser le juge d'instruction chargé d'enquêter sur des plaintes pour actes de violence et de barbarie, violences volontaires aggravées et extorsion. Les faits se sont déroulés dans l'habituellement calme ville de Saint-Maur. Un groupe de cinq amis se connaissant depuis plusieurs années se retrouve régulièrement.

Parmi eux, Léandre, 19 ans. Depuis six mois, le jeune majeur semble avoir pris un ascendant psychologique sur ses camarades, dont deux mineurs. De la domination psychologique, il passe en quelques semaines à l'ascendant physique, déployant une violence telle qu'elle vaudra à la principale victime une incapacité temporaire de travail de trente jours ! La semaine dernière, un adolescent de 17 ans est venu au commissariat de Saint-Maur pour se plaindre d'actes de torture. Quelques heures plus tard, trois autres jeunes, dont un mineur, se présentent à leur tour aux policiers pour dénoncer, eux aussi, le même camarade et les mêmes pratiques. L'enquête préliminaire menée rapidement par les policiers locaux débouchera sur l'interpellation de Léandre. Les interrogatoires des uns et des autres, ainsi que les traces relevées sur le premier plaignant permettront de dresser une liste impressionnante de sévices.

Coups de ceinture, brûlure Ainsi, se rendant régulièrement chez sa principale victime, Léandre aurait, au fil des semaines, fait preuve d'une perversité étonnante. Après des coups de poing, des coups avec des objets en tout genre, des décharges électriques assénées avec un accumulateur électrique plus connu sous le nom de « taser », le jeune majeur frappait sa victime à coups de ceinture après l'avoir arrosée d'eau pour accentuer la douleur. Des traces de brûlures commises avec un couteau chauffé à blanc ont également été relevées. Ses autres victimes ont subi de moindres violences, mais elles ont été également répétées. Selon les plaignants, ces violences étaient totalement gratuites. L'auteur, qui n'a que partiellement reconnu les faits, a expliqué que les quatre jeunes gens étaient consommateurs de cannabis, qu'il les fournissait et qu'ils avaient diverses dettes à son égard, ce que les intéressés ont contesté. L'auteur présumé des violences a été incarcéré à Fleury-Mérogis.

Daniel Rosenweg Le Parisien , mercredi 24 novembre 2004

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